Logement. Une urgence sociale et politique
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Avec plus de 60 membres – élus, bailleurs sociaux, associations, militants, parlementaires –, notre commission logement a remis ce combat au cœur du Parti.
En juillet, le Conseil national a validé un livret de propositions.
Une crise systémique et violente
En dix ans, le nombre de sans-abris a doublé pour atteindre 350 000. Les demandes de logement social ont explosé : 2,7 millions de dossiers sont en attente. Le parc est ancien et énergétiquement dégradé : 14 % des logements sont des passoires thermiques. La flambée des prix et la spéculation bloquent l’accession à la propriété, enferment les familles dans la précarité et accentuent les discriminations. Les classes populaires sont frappées de plein fouet, la classe moyenne s’épuise, les jeunes n’arrivent plus à se loger. Femmes, migrants, personnes LGBTQ+ subissent des discriminations accrues. Cette situation alimente partout en Europe la progression des extrêmes droites.
Le logement social : un modèle attaqué
Le logement social français est unique en Europe. Financé par la solidarité nationale, salariale, territoriale et locative, il a permis de bâtir l’un des parcs les plus importants et les plus abordables d’Europe, avec des loyers inférieurs de 40 % au privé. Il a résisté à la crise de 2008. Mais depuis 2017, le gouvernement Macron s’acharne à le démanteler : loi Elan, regroupement forcé des organismes HLM, ouverture aux fonds privés, réduction des APL, mise en place de la RLS, baisse des aides à la pierre. Résultat : une baisse drastique de la construction, des bailleurs fragilisés, des charges et loyers en hausse, et des travaux de rénovation reportés. Comme pour la Sécurité sociale, c’est 120 ans d’histoire sociale que l’on veut effacer.
Nos propositions
- Reconnaître le droit au logement comme un droit fondamental inscrit dans la Constitution, au même titre que le droit de propriété. C’est la condition pour encadrer réellement les loyers, réquisitionner les logements vacants, sanctionner l’habitat indigne et réguler Airbnb.
- Créer un grand service public du logement et de l’habitat, national et décentralisé, structuré autour de trois pôles publics : construction, foncier, financement.
- Répondre aux besoins spécifiques : jeunes travailleurs, étudiants, seniors, saisonniers, personnes handicapées, femmes victimes de violences. Lancer un plan national pour éradiquer le sans-abrisme.
Un combat à mener ensemble
Le logement n’est pas une marchandise, c’est un droit humain fondamental. C’est un combat au même titre que l’emploi, la santé, l’énergie et les services publics. Face aux logiques de profit et de privatisation, nous devons reconstruire un rapport de forces, avec les syndicats, les associations, les locataires et toutes les forces progressistes.
Le droit au logement, ce n’est pas négociable. C’est une bataille sociale, politique et démocratique que nous devons gagner !
Sylvie Vinceneux
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