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Le blog de pcfmanteslajolie

L'Humanité. Transport aérien. Les bagagistes d’Orly en grève pour les salaires

8 Janvier 2018, 09:00am

Publié par pcfmanteslajolie

Réclamant la reconnaissance de l’augmentation de la polyvalence de leurs tâches, les salariés d’Orly Flight Services débrayent depuis huit jours, à l’appel d’une intersyndicale.

 

Polyvalence intenable, augmentations dérisoires, difficultés à négocier avec leur direction…

Pour tous ces motifs, les salariés d’assistance en escale d’Orly Flight Services, entreprise sous-traitante des compagnies aériennes Transavia, Aigle Azur et Norwegian, sont en grève cinq heures par jour depuis le 26 décembre.

« Après plusieurs réunions de NAO (négociations annuelles obligatoires – NDLR) où la direction n’a proposé que 0,5 % d’augmentation, nous avons formé une intersyndicale SUD-FO-Unsa pour appeler à la grève », explique Jamal Ghaddari, délégué SUD aérien dans la société qui compte 300 salariés.

D’après les syndicats, la proportion de salariés mobilisés dépasserait les 90 %, perturbant le service.

« L’encadrement essaie de nous remplacer avec des intérimaires et des salariés de Roissy, mais l’attente est telle que des passagers sont allés s’introduire en zone réservée pour aller chercher leurs bagages, malgré le plan Vigipirate », relate le syndicaliste SUD.

« La direction nous dit que la situation économique est très faible, mais ne nous donne aucun chiffre précis sur les pertes de l’année », soutient Miloud Issaoui, délégué Force ouvrière chez Orly Flight Services.

Les derniers chiffres déposés au greffe du tribunal de commerce de Bobigny faisaient en effet état d’une perte de 1,9 million d’euros au 31 décembre 2016. Mais Orly Flight Services n’est qu’une des nombreuses filiales dont dispose la maison mère Worldwide Flight Services, l’un des leaders mondiaux du service aéroportuaire, dans 194 sites.

Contactée par téléphone, la ­direction de Worldwide Flight Services n’a pas retourné notre appel.

 

« On n’arrive pas à tout faire et cela devient dangereux »

 

« Les salariés ont accepté la polyvalence en pensant qu’il y aurait une reconnaissance salariale », souligne Miloud Issaoui, qui redoute par ailleurs que la direction impose un projet de « déstructuration des plannings » qui aggraverait encore les conditions de travail des salariés, déjà soumis à des horaires de travail atypiques.

« Le nombre de vols Transavia a beaucoup augmenté, les mesures de sûreté et les tâches à effectuer aussi, sans que l’effectif ne suive », relate Jamal Ghaddari, qui affirme que le nombre de bagagistes par avion est passé de quatre à trois en un an.

« On doit scanner et charger plusieurs tonnes de bagages, installer les wiwo (bornes permettant de faire embarquer les passagers par l’avant et l’arrière – NDLR), et surveiller le ravitaillement en fioul de l’avion en même temps, pour vérifier qu’il n’y a pas de fuite de kérosène ou de départ de feu…

On n’arrive pas à tout faire en même temps et cela devient dangereux », précise le syndicaliste SUD.

Les syndicats demandent une augmentation de 2 % du salaire de base, une prime exceptionnelle de 500 euros, ainsi qu’une hausse des indemnités kilométriques et de la prime de panier.

 

Une course au moins-disant social dans la sous-traitance aéroportuaire

 

Pour Jamal Ghaddari, la faiblesse des augmentations proposées par Orly Flight Services s’inscrit dans un contexte de course au moins-disant social dans la sous-traitance aéroportuaire.

« Il y a trois entreprises sous-traitantes d’assistance en escale sur la plateforme d’Orly qui s’arrachent les marchés en se menant une guerre des prix, au détriment des salariés », analyse le syndicaliste.

Rappelant leur « détermination », les grévistes maintiennent leur préavis illimité et exigent de réelles négociations avec la direction.

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